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14 bulle sur page

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J’ouvre la porte, et je sens que chaque passage me marque par une emprunte d’ennui à chaque fois différente. Pour éviter la douleur de sa frappe, il faut trouver la bonne esquive, et modifier le tracé. Il suffit de vaincre l’ennui par l’attaque. Dès le premier coup porté, l’ennui se dissipe. Lorsque la bataille contre son anatomie est engagée, son fantôme naît. Il bouge et il gigote. Il me suffit de prendre le bout de mon doigt et de le pointer vers mon ennui pour le mettre à mort. C’est puissant ça! Puissant comme un fantôme qui s’évanouit lorsqu’on est parvenu à vaincre sa peur, s’approcher de lui et presque le frôler. Puissant comme une bulle de savon qui, à la moindre pensée d’une éraflure, explose avec un petit nuage de gouttes qui continue de se promener dans les airs. Car la bulle de l’ennui refuse d’être enceinte. Elle refuse d’être, tout simplement. C’est pour la casser, la monotonie, que je viens tous les jours dans ce couloir. C’est pour sortir de ma bulle, pour atterrir sur le sol. Je le parcours comme s’il était la bordure d’une page de cahier. J’émarge, je laisse par-ci par-là une note, en griffonnant quelques mots du bout de mes orteils. Mon passage est un cadre, la journée le hors-cadre, comme la bordure… La bordure d’une page d’écriture où, pour se reposer, on griffonne des lignes brouillées dont on reste toujours le seul à connaître le sens. Le cadre est vide, aussi vide que le tableau est plein, et que la page est narratrice. Le vide en son bord repousse le regard affamé vers le centre de l’action. Mais lorsque le tableau est trop mauvais, ou la page trop pauvre, le cadre devient un refuge riche de son insuffisance. Un cadrant accueillant, comme un canal par lequel s’écoule le passant qui cherche un autre, une autre chose. Il s’embarque sur le blanc. Arrivé sur ces marges pendant un temps, il pense encore aller quelque part. Puis il sent qu’il bascule, après quelques errements, il sent comment ce cadre se referme en une boucle, quelque part, sans qu’on ne sache où. La marge se referme, je pousse la porte et je sors.

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