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17 Une tache

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Parfois les évidences frappent d’un coup sec! Ce jour-là, j’entre dans le couloir avec un sentiment de surprise. Tout ce blanc partout, un blanc tamisé certes, mais vraiment beaucoup de blanc quand même. Une dizaine de pas plus tard je sens que la source de ma surprise n’était ni le blanc ni ses variations imperceptibles, mais ma pression artérielle qui était sur une longueur d’onde un peu différente. Un peu plus loin, je tombe sur le sol. Black out!

 

J’ouvre les yeux, et tout est pareil, -je veux parler du blanc – excepté une tache. Est-elle sur ma rétine ou est-ce le couloir qui, avec ma chute, s’est pris un bleu ?

Assise à trois pas devant moi, une grosse noirceur, si noire que j’en suis ébloui. Je mets ma main devant mon visage, j’écarte mon index et mon majeur pour y laisser une fente ; j’en profite pour me gratter l’œil. La tâche n’a pas bougé…Je vois maintenant que c’est un gros tas… assis. Son gros œil cendré me fouille un peu. En tournant sa tête à la manière des hiboux, il montre son visage de bull-dog cramé, un peu grand et très bien nourri, avec la tête surtout, qui la nuit a dû tellement se battre avec les chauves-souris que sa gueule lui est restée écrasée là comme un masque.

Si ses dents avaient seulement été moins noires…j’aurais vu qu’elles étaient tatouées, mais légèrement plus noires que le reste, enfin … Être ébloui par le noir ? Avoir les dents tatouées ? C’est tellement absurde que ce détail a dégonflé mon analyse, qui était pourtant sur le point de remonter des bas-fonds de mon estomac, pour me sortir par la bouche.

Puis je vois une autre image : une chouette et une chauve-souris, en vol, ont craché l’une dans l’autre pour parvenir à s’accoupler. Par défaut d’adéquation mécanique, elles sont restées suspendues là, en l’air, coincées, immobiles, dans une position absurde, comme si leurs queues étaient nouées sur un crochet solidement enfoncé dans le vide. Elles se mordent et se débattent, ramassent leurs membres tombés pour se les rattacher n’importe où, là où ça pourrait encore être utile … Mais franchement, pensent-elles qu’une oreille à l’anus, ca peut vraiment servir? Ah oui…Pour un accouplement par téléphone peut-être…et pour une insémination par sonar, il vaut mieux l’avoir grande, l’oreille…

 

Bref ça commence à devenir vraiment n’importe quoi, j’en ai marre !

 

Je me promets de réfléchir plus tard à la destiné des êtres qui se tapent des nœuds connecteurs, et peu plus loin j’empoigne la porte avec encore un arrière gout d’empoignade violente,

 

et bye !

 

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